La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, veut multiplier par trois d'ici à 2009 le nombre de caméras de surveillance dans la rue, qui permettent selon elle de lutter efficacement contre l'insécurité.
"Les maires le disent : les caméras ont permis de faire baisser la délinquance chez eux d'environ 40%", déclarait-elle la semaine dernière dans un entretien publié dans Le Figaro.
"Je veux en tripler le nombre sur la voie publique en deux ans afin de passer de 20.000 à 60.000", précise-t-elle aujourd'hui.
Le PS également séduit
Les villes petites et moyennes, de droite comme de gauche, commencent à se laisser séduire par les multiples attraits de ce système de vidéosurveillance qui font moins peur, ont estimé les professionnels et élus lors des 2e Assises nationales de la vidéosurveillance à Strasbourg.
Si la promesse de la ministre de l'Intérieur s'adresse d'abord aux grandes métropoles qui peaufinent leurs installations, elle concerne également les communes de 20 000 à 30 000 habitants.
A gauche, les réactions ne sont pas forcément hostiles: Jean-Louis Touraine, député PS du Rhône et premier adjoint au maire de Lyon, conclut après huit ans d'expérience que le bénéfice retiré des 176 caméras, installées dans des espaces publics avec l'accord des résidents, valait l'importance de l'investissement.
"Le risque liberticide a été écarté grâce à la création d'un collège d'éthique extérieur et indépendant", a-t-il ajouté, se félicitant ensuite d'un meilleur taux d'élucidation, de l'amélioration des secours et de la baisse de la délinquance (5 à 15% en moyenne).
Michèle Alliot-Marie a par aileurs déclaré aborder sereinement les manifestations de cette semaine contre la réforme des régimes spéciaux de retraite.
"Novembre est traditionnellement un mois où s'expriment les revendications", fait-elle remarquer. "Nous l'abordons sereinement. Les grandes manifestations sont encadrées par des syndicats qui ont le sens des responsabilités et ne souhaitent pas plus que nous des débordements".
In "L'Express"